La régimisation ne constitue pas une grille d’analyse.
Elle fonctionne comme un principe génératif de cohérence, capable de révéler les structures internes d’un texte, d’une œuvre ou d’un domaine du savoir sans leur imposer une forme extérieure.
Ce principe agit comme un génome : il ne reproduit pas une structure identique, mais produit des organisations différentes selon le milieu dans lequel il opère, tout en conservant une cohérence fondamentale.
Le génome de cohérence repose sur une dynamique simple : toute structure de sens contient une tension initiale ; cette tension se déploie selon des transformations successives ; ces transformations tendent vers une forme de stabilisation cohérente ; cette stabilisation n’est jamais purement statique, car elle conserve une part de tension.
Ainsi, chaque œuvre apparaît comme une trajectoire de cohérence, et non comme un contenu figé.
Le génome n’analyse pas les œuvres de l’extérieur. Il opère par révélation interne : il suit les transitions du texte, repère les bascules, les condensations, les oppositions et rend visibles les structures implicites.
Chaque œuvre n’est donc pas réduite à un schéma commun. Elle déploie sa propre forme à partir d’un principe partagé.
Le génome produit des formes différentes selon le champ étudié : en anthropologie, il fait apparaître des structures analogiques et classificatoires ; en philosophie, des tensions morales et des limites de l’action ; en psychanalyse, des conflits internes et des transformations du désir ; en sciences physiques, des relations entre déterminisme, indétermination et limites du modèle.
Cette variabilité n’est pas une faiblesse. Elle est la preuve de sa nature générative.
Malgré cette diversité, une cohérence demeure : toute structure étudiée peut être comprise comme un processus de transformation du sens sous contrainte.
Rien n’est isolé, rien n’est purement statique, et toute forme résulte d’un passage, d’un conflit ou d’une stabilisation.
Le génome de cohérence n’a pas pour objectif de produire une théorie fermée.
Il vise à rendre le sens visible dans son mouvement, à relier des domaines du savoir apparemment séparés, à permettre une lecture plus attentive, plus structurée, plus fidèle, et à faire apparaître une architecture globale du savoir humain.